2018년 6월 21일 목요일

러시아인은 무엇을 어떻게 읽고 있습니까?

러시아인은 무엇을 어떻게 읽고 있습니까?
-월드컵, 러시아, 독서진흥 1
오늘 아침, 제가 떠올린 질문은 간단한 것이었습니다. 러시아는 독서진흥을 위해 어떤 일들을 하고 있습니까, 러시아인들은 무엇을 어떻게 읽고 있습니까?
러시아는 푸쉬킨의 나라이며, 체홉, 고리키, 톨스토이, 도스토옙스키의 나라입니다. 러시아에는 13만 개의 도서관이 있다고 알려져 있습니다. 그러나 1990년대 초 소련의 해체와 동유럽의 급격한 변화로 야기된 커다란 정치적 혼란을 겪었습니다. 이후 서구의 사상과 생활 방식, TV 및 인터넷 기술의 영향으로 러시아의 독서율도 감소했습니다. 물론 러시아는 이런 상황은 그냥 내버려두지 않았습니다.
2천년대 들어와 변화를 촉발하려는 의욕적인 움직임이 있었습니다. 2006년부터 시작된 ‘독서의 지원과 발전을 위한 국가 프로그램(Национальная программа поддержки и развития чтения)’이 대표적인 예입니다. 읽기 능력을 향상시키기 위해 도서관, 학교, 출판 산업과 같은 인프라 구축을 강화하고 독서 조직 간에 효과적인 정보 교류 시스템을 구축하여 독서를 장려하려 하였습니다. 푸틴 대통령은 이 프로그램을 지지했으며, 정부에 구체적인 이행 조치를 만들고 강력한 재정 지원을 요청한 바 있습니다.
2014년 5월 17일 칼리니그라드센터에서 열린, 러시아도서관협회의 연례회의 중에 제기된 세미나 발표문의 제목을 살펴보면.(참고:https://goo.gl/eo8KKZ) 러시아인들의 고민을 엿볼 수 있습니다.
국가와 사회의 과제로서 러시아에서의 독서진흥(Продвижение чтения в России как задача государства и общества), 현단계 독서 지원 및 개발: 문제를 새로운 기회로 전환(Поддержка и развитие чтения на современном этапе: трансформация проблем в новые возможности) 사회문화적 현대화의 맥락에서의 현대 독서(Современное чтение в контексте социокультурной модернизации) 현대 사회에서 책과 도서관의 역할(Роль книги и библиотеки в современном мире) 디지털 세대(Цифровое поколение) 독서 지원 및 개발을 위한 국가 프로그램 및 지역 도서관 협력 센터의 역할 : 프로젝트, 이벤트, 간행물(Национальная программа поддержки и развития чтения и роль Межрегионального центра библиотечного сотрудничества в ее реализации: проекты, мероприятия, издания) 독서 분야의 도서관 연구 활동 : 최신 기술(Исследовательская деятельность библиотек в области чтения: современное состояние) 소년 읽기와 소녀 읽기: 학제적 접근(Чтение мальчиков и чтение девочек: междисциплинарный подход) 등등.
참고로, 첨부한 영상은,독서 캠페인의 일환으로, 2013년 3월에,모스크바 시장이 지하철 차량을 마야코프스키 시인의 특별 차량으로 바꾸고 이를 개관하는 소식(참고: https://youtu.be/nbG5-tPKg-I)

2018년 6월 19일 화요일

LES BIBLIOTHÈQUES FRANÇAISES POUR LA JEUNESSE

LES BIBLIOTHÈQUES FRANÇAISES POUR LA JEUNESSE

Quelques questions toujours d'actualité

VIVIANE EZRATTY

« La bibliothèque pour enfants est sociale par nature et scientifique par son organisation. Pour réussir, elle doit avoir l’appui des autorités publiques, être guidée par des experts et jouir de la sympathie constante et de l’attention perpétuelle des citoyens patriotes ». C’est en 1924, le jour de l’inauguration de l’Heure Joyeuse, que Caroline Griffiths, présidente du Book Committee on Children’s Libraries, prononçait ces mots.
Soixante-quinze ans plus tard, quelle est la situation des bibliothèques pour la jeunesse ? Les principes définis à l’origine sont-ils toujours d’actualité1 ? Le colloque Vingt ans de développement des bibliothèques pour la jeunesse, tenu en 1993 à Grenoble, avait donné l’image d’une institution mature. Mais déjà Michel Melot, alors président du Conseil supérieur des bibliothèques, avait attiré l’attention sur la nécessité de poursuivre la réflexion : « Les bibliothèques pour la jeunesse se portent plutôt bien […], mais si l’on n’y prend garde, elles pourraient s’affaiblir, voire se marginaliser faute de projets nouveaux »2.
Aujourd’hui, le moment semble plus propice au questionnement qu’au bilan. En témoignent les Assises nationales consacrées aux bibliothèques pour la jeunesse, qui se sont déroulées à Paris les 7 et 8 janvier 1999 et qui ont réuni plus de 350 bibliothécaires et autres professionnels du livre et de l’enfance venus de la France entière. S’y sont exprimées, au-delà de la richesse d’expériences toujours renouvelées, beaucoup d’inquiétudes quant à l’avenir et surtout l’envie de poursuivre la réflexion.
En fait, les projets nouveaux ne manquent pas, mais comment avancer alors que le débat principal porte encore et toujours sur la place de la bibliothèque pour la jeunesse et la formation de bibliothécaires spécialisés ?
Sans vouloir reprendre ici l’ensemble des questions qui se posent à la profession aujourd’hui, j’évoquerai celles qui concernent les lieux de lecture pour la jeunesse, les publics, les collections ou le métier de bibliothécaire. D’autres points plus marginaux seront également développés.

QUESTIONS PRÉALABLES

Donnons pour commencer quelques précisions de vocabulaire. La terminologie utilisée dans les réflexions sur l’accueil des jeunes en bibliothèque reste encore incertaine. Ce flou sémantique traduit la difficulté des bibliothécaires à se situer par rapport à un public et/ou un espace.
On emploie souvent indifféremment les termes de bibliothèques, de sections (sectionner, séparer !) pour enfants ou pour la jeunesse.
On a assisté ces dernières années à un net rajeunissement du lectorat3 : si certaines bibliothèques sont devenues résolument « enfantines », pour d’autres, la limite supérieure d’âge pose un problème aigu, en fonction de la capacité des établissements à accueillir ou non dans un même lieu, du berceau au collège. On retrouve cette même imprécision pour qualifier la littérature d’enfance et/ou de jeunesse.

UNE LITTÉRATURE PROFESSIONNELLE À ENRICHIR

En France, la littérature professionnelle disponible concernant les bibliothèques pour la jeunesse reste insuffisamment développée. A la différence des pays anglo-saxons, nous ne disposons que de rares ouvrages ou articles spécialisés sur le sujet4. Quant aux ouvrages généraux, ils laissent peu de place à une approche spécifique de la lecture des jeunes. Y aurait-il une difficulté à théoriser à partir d’expériences de terrain ? Il n’est pas toujours facile d’écrire sur sa propre pratique, et les chercheurs s’intéressent davantage au livre de jeunesse qu’à ses lecteurs.
En France, aucune revue n’est consacrée aux bibliothèques pour la jeunesse, contrairement aux États-Unis, où paraît The Journal of Youth Services for Libraries, édité par les sections des bibliothèques pour enfants et pour adolescents de l’American Library Association (ALA), sans équivalent au sein de l’Association des bibliothécaires français (ABF). Cependant, on compte quelques articles dans le Bulletin d’informations de l’Association des bibliothécaires français ou dans le Bulletin des bibliothèques de France, complétés périodiquement par des numéros spéciaux5.
Parmi les revues consacrées au livre de jeunesse, La Revue des livres pour enfants6 et Lecture jeune7 s’intéressent régulièrement à cet espace de lecture. Quant à l’Éducation nationale, elle s’adresse en priorité à ses propres institutions au travers de revues et d’ouvrages publiés entre autres par les Centres régionaux de documentation pédagogique (CRDP) de Créteil et de Grenoble (InterBCD, InterCDI, Lire au collège, etc.).
Les médias non spécialisés s’intéressent trop rarement au livre de jeunesse et encore moins aux bibliothèques, en dehors d’occasions particulières comme le Salon du livre de jeunesse de Montreuil ou la période de Noël. Quelques journaux comme Le Monde, Libération, Le Figaro Madame, L’École des parents, des radios comme France Culture (Carrousel), France Inter (L’as-tu lu mon petit loup ?), Radio Aligre, proposent des rubriques et des émissions régulières, hebdomadaires ou mensuelles, sur le sujet. Internet offre encore trop peu de sites consacrés au livre ou aux bibliothèques françaises pour la jeunesse8.

UNE PERSPECTIVE HISTORIQUE

Aujourd’hui encore, beaucoup de bibliothèques jeunesse ignorent leur propre histoire, souvent faute d’avoir conservé leurs archives. Une meilleure connaissance de leurs histoires particulières serait pourtant indispensable pour dresser un nécessaire bilan.
On ne peut comprendre le dynamisme présent depuis les origines sans situer les bibliothèques pour la jeunesse dans leur époque, que ce soit d’un point de vue historique, pédagogique, éditorial ou même bibliothéconomique avec, dès 1918, les premières collections en libre accès, y compris pour les enfants, dans les bibliothèques de l’Aisne.
Ainsi, en France, après le traumatisme de la première guerre mondiale, les premières bibliothécaires pour la jeunesse prônaient un certain pacifisme et espéraient que le livre de jeunesse préparerait les générations futures à la paix et à la « compréhension internationale ». En 1936, leur action s’inscrivait dans l’espérance d’une société de loisirs. L’influence du contexte pédagogique a pu être considérable – depuis les premiers principes d’éducation nouvelle mis en pratique à l’Heure Joyeuse, en passant par les années post-1968 où les bibliothécaires pour la jeunesse avaient à cœur d’aider les enfants à s’exprimer. Un certain nombre de textes éclairent sur les politiques d’acquisition et les relations avec l’édition pour la jeunesse. Henri Lemaître écrivait en 1938 : « Les livres à mettre dans les bibliothèques pour enfants doivent être l’objet d’un choix beaucoup plus sévère que ceux des bibliothèques pour adultes »9. En 1974, François Ruy-Vidal niait, à la suite de Marc Soriano, le caractère spécifique de la littérature enfantine et qualifiait les bibliothécaires pour la jeunesse de « spécialistes-écran »10.

LES LIEUX DE LECTURE

Après les premières bibliothèques pour la jeunesse créées vers 1920, il a fallu attendre ces vingt-cinq dernières années pour que s’étendent à l’ensemble du territoire français des structures adaptées aux jeunes. Aujourd’hui, sur 2 486 bibliothèques municipales recensées en 1998, deux seulement n’ont pas de section jeunesse11.
Depuis quelques années, on assiste à la modernisation d’une partie du réseau de lecture publique : d’anciennes bibliothèques sont remplacées par des constructions ultramodernes, de taille souvent très imposante (entre autres, Bourges, Blois, Limoges et, bientôt, Toulouse, Montpellier, Marseille, etc.). Pour chaque nouveau projet, l’accueil du jeune public suscite bien des interrogations et entraîne des choix divers.

CLOISONNER/DÉCLOISONNER

En 1924, l’Heure Joyeuse accueille les jeunes de six à dix-sept ans dans un lieu volontairement autonome. Les limites en sont rapidement soulignées par les bibliothécaires – cet espace trop protégé détournerait les jeunes des bibliothèques pour adultes.
En 1963, à Clamart, La Joie par les livres reproduit – en s’adaptant aux priorités de son temps – l’exemple d’une bibliothèque réservée aux jeunes. En 1977, la Bibliothèque publique d’information ouvre une bibliothèque pour les enfants dans un bâtiment séparé et « interdit » aux adultes.
Il ne s’agit pas de relancer ici le débat aujourd’hui dépassé de l’isolement de sections jeunesse « ghettos », ni de se demander « Faut-il encore des bibliothèques pour enfants ? », comme titrait Geneviève Bordet dans le Bulletin des bibliothèques de France12, en 1986. Même le cas extrême de la « bibliothèque spéciale jeunesse » – il y en a treize à Paris –, a représenté une solution qui s’avère souvent dynamique et innovante. Plus proches du terrain, les bibliothécaires doivent satisfaire de nouveaux publics, grâce à une équipe homogène et autonome, avec plus de facilités pour mettre en œuvre des projets qu’au sein d’un grand établissement où les organes de décision sont plus distants.
A l’opposé, un « décloisonnement » total est souvent adopté dans des établissements de petite ou de moyenne taille, parce qu’il présente de réels avantages dans le cas d’un espace restreint : meilleure circulation des publics, mise en commun de collections. Décloisonner permet éventuellement d’introduire un mode de gestion plus rationnel grâce à une approche globale du circuit du livre et des services au public, en espérant que ce ne soit pas au détriment de l’accueil des jeunes qui doit être assuré par des personnels qualifiés. Les jeunes doivent y trouver leur compte et pas uniquement les adultes heureux de découvrir des documentaires de tous niveaux.
N’oublions pas que le modèle le plus répandu reste l’établissement « multisections », où la place de la section jeunesse, comme celle de la discothèque, doit faire l’objet d’une réflexion dans le cadre d’un véritable projet d’établissement, ce qui est loin d’être généralisé.

SORTIR DES SCHÉMAS CLASSIQUES ?

Il est difficile d’appréhender la diversité du paysage français, d’autant que, parallèlement à ces nouvelles médiathèques de taille gigantesque, les espaces de lecture se sont considérablement développés dans les petites villes et les zones rurales ces dernières années. Les chiffres déjà cités, pour encourageants qu’ils soient, ne tiennent pas compte de l’activité des 96 bibliothèques départementales de prêt, ni des lieux de plus en plus nombreux et diversifiés qui proposent des livres aux jeunes (bibliothèques centres documentaires-BCD, hôpitaux, consultations de protection maternelle et infantile-PMI, musées, etc.).
En fin de compte, cette variété de l’offre de lecture aux jeunes est-elle une source d’éparpillement des moyens ou favorise-t-elle l’accès à la lecture en attirant des publics différents ? Cette question de la diversité mérite d’être sérieusement étudiée pour trouver la solution la plus adaptée localement. Quelle que soit la stratégie adoptée, il convient d’être vigilant afin de ne pas perdre le fruit d’années d’expérience.
François de Singly, dans son étude sur la lecture des jeunes13, insiste sur le rôle de médiateur des bibliothèques pour la jeunesse : « Sans elles, répétons-le, la baisse de la lecture chez les jeunes aurait été encore plus sensible ». Tout en favorisant dans les établissements une circulation qui permette des échanges harmonieux entre générations, la bibliothèque pour les jeunes peut – et doit – encore évoluer. Les fondatrices de l’Heure Joyeuse, Claire Huchet, Marguerite Gruny et Mathilde Leriche, rêvaient de faire de la section jeunesse le noyau d’une maison des jeunes comprenant des salles de théâtre, de gymnastique, de chimie14. Jacqueline Gascuel évoque en introduction à Un Espace pour le livre15 la manière dont les enfants ima- ginent la bibliothèque idéale : « Lire couché, lire caché, lire perché, lire debout ».

ACCUEILLIR TOUS LES PUBLICS ?

2 453 918 jeunes sont inscrits dans les bibliothèques françaises, soit 39,4 % de l’ensemble des lecteurs16. Partout en France, on constate l’extension de ce qui était encore expérimental il y a dix ans, particulièrement en direction des tout-petits et des adolescents. En témoignent la littérature professionnelle, la multiplication des journées d’étude et des demandes de formations sur le sujet. Il faut toutefois prendre garde à ne pas « perdre en route » les autres enfants, jusque-là cœur de la bibliothèque.
Le brassage des âges et des milieux socioprofessionnels n’est-il pas un des points forts revendiqué depuis toujours par les bibliothèques pour la jeunesse ? Comme pour les adultes, les demandes de lecture (travail sur place, lecture individuelle, en groupe, etc.) demandent des réponses adaptées.
Parallèlement, la bibliothèque pour la jeunesse s’ouvre à des publics qui ne la fréquentaient pas auparavant, les villes les plus petites obtenant proportionnellement les meilleurs résultats (à Paris, 25 % des jeunes de 0 à 16 ans sont inscrits ; à Bobigny, 50 %). Pour améliorer ces chiffres de fréquentation, les structures traditionnelles, qu’il s’agisse d’espaces spécifiques ou non, sont encore insuffisantes pour satisfaire l’ensemble des demandes. Aussi les projets mis en place débordent de plus en plus souvent le cadre strict de la bibliothèque en faisant intervenir des partenaires divers. Les réseaux de coopération se multiplient entre bibliothèques, mais aussi avec d’autres relais professionnels. De plus en plus souvent, la bibliothèque s’intègre dans des projets menés au niveau d’une ville, voire d’une région.
Enfin, pour répondre aux besoins des publics « empêchés », enfants hospitalisés, jeunes handicapés, une prise de conscience et un effort considérable au niveau national s’avèrent encore aujourd’hui nécessaires17.

A PROPOS DES COLLECTIONS

La constitution des collections est régulièrement abordée dans la presse professionnelle. Le sujet est difficile, car de multiples questions se posent : quels critères de sélection ? Pour qui ? À quel âge ? Avec quel niveau de lecture ? En quelle quantité ? Tous ces points – entre autres – font aujourd’hui encore l’objet de débats qui – parce que le destinataire est un enfant – interfèrent avec d’autres questions : le livre doit-il être éducatif ? Pour choisir ce type d’ouvrages, un enseignant, un parent, un enfant ne feraient-ils pas l’affaire ?
En fait, la compétence des bibliothécaires pour la jeunesse est souvent remise en cause et une réflexion globale sur les politiques d’acquisition en bibliothèque jeunesse reste à mener. Plutôt que de développer ce sujet, j’évoquerai trois aspects particuliers.

LES PHONOGRAMMES POUR LA JEUNESSE

La question des phonogrammes pose problème depuis les années 1950, alors que les supports autres que le livre sont de plus en plus d’actualité avec le développement du multimédia. Les bibliothécaires pour la jeunesse et les discothécaires se renvoient souvent la balle : faut-il placer ces documents à proximité des ouvrages pour la jeunesse ? Ou avec les autres disques, selon une logique de support ?
Par ailleurs, la question de la gratuité d’emprunt de ces documents parasite le débat. Se pose enfin le problème de la compétence pour le choix de ces documents, pour lesquels l’information et la formation sont rares.

LES LIVRES EN VERSION ORIGINALE

Les collections de livres en langues étrangères dans les bibliothèques pour la jeunesse sont souvent insuffisantes et suscitent encore des interrogations. Nous sommes bien loin de l’exemple du Danemark, où la loi oblige les bibliothèques – avec l’aide d’un service central – à fournir aux étrangers et à leurs enfants des collections de documents en nombre suffisant dans leur langue d’origine. En France, beaucoup de bibliothécaires pour la jeunesse se sentent démunis pour choisir, acquérir ces ouvrages et les mettre en valeur18.

« LE LIVRE DE JEUNESSE, UN PATRIMOINE POUR L’AVENIR »

Depuis quelque temps, l’intérêt porté à l’histoire du livre pour la jeunesse se développe19. Est-ce une réaction des bibliothécaires face à l’épuisement de plus en plus rapide de ces ouvrages ? Leur conservation existe déjà depuis longtemps, mais de façon fragmentaire et peu reconnue. Aujourd’hui se manifeste le désir d’une réflexion commune, d’une mise en réseau des savoir-faire qui peut aboutir, un jour, à un réseau de conservation partagée. En complément, on peut imaginer, une fois la conservation assurée, la mise en place d’un prêt d’ouvrages épuisés. Tout cela devrait permettre d’offrir aux publics – professionnels, mais aussi jeunes – une connaissance du livre de jeunesse replacée dans une perspective historique.
Le développement et la coordination des centres de ressources contribueraient également à une meilleure diffusion de l’information sur le livre de jeunesse auprès des professionnels : bibliothécaires, enseignants, éducateurs, animateurs, etc.20

UNE SPÉCIFICITÉ À DÉFENDRE

Récemment, un médecin alertait l’opinion publique dans un quotidien national. Constatant que les nouveaux étudiants en médecine boudaient la pédiatrie, il s’inquiétait des conséquences à moyen terme en matière de prévention.
N’en est-il pas de même pour les bibliothèques pour la jeunesse ? Depuis 1986, il n’existe même plus de diplôme national validant cette qualification, même si certains centres de formation universitaires, en particulier à Nanterre et Grenoble, ont cherché à remédier à la suppression du Certificat d’aptitude aux fonctions de bibliothécaire (CAFB) et de son option jeunesse. Y aura-t-il encore des bibliothèques pour la jeunesse dans vingt ans, si une véritable formation initiale n’est pas rapidement mise en place au niveau national ? Il serait dommage de perdre quatre-vingts ans d’acquis ; et il y a urgence quand on constate combien il est difficile de pourvoir les postes vacants en secteur jeunesse.
Par ailleurs, les bibliothécaires pour la jeunesse sont amenés à définir leurs fonctions et leur spécificité par rapport aux autres professionnels du livre et de l’enfance et à de nouveaux partenaires, comme les médiateurs du livre, depuis la mise en place des emplois jeunes affectés à des fonctions statutairement inédites jusque-là.
Les grands débats nationaux sur l’illettrisme, l’échec des jeunes en grande difficulté et les discussions plus spécifiques sur la censure ou sur le droit de prêt doivent prendre en compte la réalité des bibliothèques pour la jeunesse, malheureusement trop souvent exclues du débat par les politiques et les médias. On a tout de même appris, en février, qu’une mission d’expertise et de réflexion sur la lecture des jeunes et leur accès à la culture écrite a été confiée à Danièle Taesch, conservateur des bibliothèques, par Catherine Trautmann, ministre de la Culture et de la Communication.
Cela dit, la force de la bibliothèque pour la jeunesse réside certainement dans sa capacité à s’adapter, en offrant des réponses multiples : accueil personnalisé ou collectif, liens avec les structures les plus variées, extension du partenariat. Pour mieux répondre aux besoins des jeunes, ne doit-on pas recourir aux méthodes actives inspirées des pédagogies nouvelles ?
Marguerite Gruny les préconisait pour « éveiller la curiosité intellectuelle des enfants, développer leur sens esthétique et, d’une manière générale, leur apprendre à se servir des livre s » ; ou encore, comme le titrait Lecture jeune, il faut leur montrer que « la bibliothèque est un lieu où on peut consulter le monde »21. Certes, tout cela nécessite des moyens, car il faut des collections toujours renouvelées et des bibliothécaires formés. Les bibliothécaires pour la jeunesse ont aussi à revendiquer une place mieux définie au sein de la profession, qui passe probablement par une représentation plus importante dans les associations et instances professionnelles.
Février 1999
  1. (retour)↑  Viviane Ezratty, « Les premières heures des bibliothèques pour enfants », Histoire des bibliothèques, t. 4, Paris, Éd. du Cercle de la librairie, 1992.
  2. (retour)↑  Vingt ans de développement des bibliothèques pour la jeunesse, actes du colloque de Grenoble, 10-11 décembre 1993, Grenoble, Médiat Rhône-Alpes, bibliothèques de la ville de Grenoble, 1994.
  3. (retour)↑  À l’origine les enfants étaient autorisés à s’inscrire à L’Heure Joyeuse vers six ans quand ils savaient lire et écrire. Aujourd’hui, les bébés sont les bienvenus.
  4. (retour)↑  Geneviève Patte, Laissez-les lire ! Les enfants et les bibliothèques, 1re éd., Paris, Éd. ouvrières, 1978, 2e éd. 1987 ; Lectures, livres et bibliothèques pour enfants, Paris, Éd. du Cercle de la librairie, 1re éd. 1985, 2e éd. 1994, restent les deux principales monographies.
  5. (retour)↑  Cf. le Bulletin d’informations de l’Association des bibliothécaires français, 4e trim. 1994, n° 165 et 4e trim. 1997, n° 177 ; le numéro Enfances du Bulletin des bibliothèques de France, 1986, n° 1.
  6. (retour)↑  La Revue des livres pour enfants, 1991, n° 137-138, consacré aux bibliothèques pour la jeunesse.
  7. (retour)↑  Lecture jeune, janvier 1997, n° 81 ; ibid., novembre 1998, n° 88.
  8. (retour)↑  Véronique Soulé, « Internet et les bibliothèques », La Revue des livres pour enfants, avril 1998, n° 180.
  9. (retour)↑  Henri Lemaître, « Les bibliothèques pour enfants », Mercure de France, 15 déc. 1938.
  10. (retour)↑  François Ruy-Vidal, Bulletin d’analyses de livres pour enfants, 1974, n° 38.
  11. (retour)↑  Chiffres communiqués en mars 1998 par la Direction du livre et de la lecture, dans Bibliothèques municipales, bibliothèques départementales de prêt : données 1996.
  12. (retour)↑  Geneviève Bordet, « Faut-il encore des bibliothèques pour enfants ? », Bulletin des bibliothèques de France, 1986, n° 1, p. 38-43.
  13. (retour)↑  François de Singly, « Les jeunes et la lecture », Dossiers Éducation et formations, 1993, n° 24.
  14. (retour)↑  La bibliothèque de Ballancourt avec l’association « A fond la science » a installé un laboratoire dans la bibliothèque.
  15. (retour)↑  Jacqueline Gascuel, Un Espace pour le livre, Paris, Éd. du Cercle de la librairie, 1984, rééd. 1992.
  16. (retour)↑  Bibliothèques municipales, bibliothèques départementales de prêt : données 1996, Direction du livre et de la lecture, op. cit.
  17. (retour)↑  Bulletin d’informations de l’Association des bibliothécaires français, 4e trim. 1998, numéro consacré aux publics empêchés.
  18. (retour)↑  International Board on Books for Young People (IBBY) a organisé une journée d’études sur le sujet, le 23 mars 1999.
  19. (retour)↑  L’Heure Joyeuse a organisé un colloque Le livre pour la jeunesse, un patrimoine pour l’avenir, suivi par la publication d’un Répertoire des fonds de conservation des livres pour la jeunesse, sous la dir. de Viviane Ezratty et Françoise Lévèque (Agence culturelle de Paris, 1997). En témoignent aussi la multiplication d’expositions ces dernières années sur une période, un thème ou des auteurs : Livre mon ami, lectures enfantines 1914-1954 ; Illustrateurs russes pour la jeunesse : 1917-1945 (L’Heure joyeuse) ; sur Nathalie Parain (Bibliothèque municipale d’Orly), Rojankovsky (Trois ourses, Villeurbanne-Cavaillon-Blois), la première guerre mondiale (Bibliothèque municipale de Nantes), etc.
  20. (retour)↑  Comme le Centre international d’études en littérature(s) de jeunesse (CIELJ), Centre régional d’Aquitaine du livre, de la lecture et de la littérature d’enfance et de jeunesse (CRALEJ), Centre de recherche et d’information sur la littérature pour la jeunesse (CRILJ), etc. Beaucoup d’entre eux figurent dans le répertoire cité note 19.
  21. (retour)↑  Lecture jeune, janvier 1997, n° 81.

2018년 6월 18일 월요일

DU LIVRE À LA VILLE/ La bibliothèque comme espace public

책에서 도시까지

공공 장소로서의 도서관
저자 : 
ISBN : 978-2-94-0563-21-0
출판 날짜 : 14.11.2017
페이지 수 : 224

Alors que la mort du livre traditionnel ne cesse d’être annoncée, et qu’est partout constatée une baisse générale de la lecture, les bibliothèques demeurent des lieux très fréquentés, voire saturés. Leurs usagers semblent cependant s’intéresser davantage aux espaces mis à disposition qu’aux contenus culturels proposés. C’est ainsi que nombre d’établissements publics mettent désormais en exergue des appellations telles que lieu de vie,troisième lieu, espace pour tous, qui témoignent du besoin de la société contemporaine d’avoir des lieux protégés pour les activités collectives. 전통적인 책의 죽음이 계속 발표되고 모든 곳에서 독서가 쇠퇴하는 것으로 밝혀 지지만 도서관은 여전히 ​​바쁘고 심지어 포화 상태입니다. 그러나 사용자는 제공된 문화 콘텐츠보다 사용 가능한 공간에 더 관심이 있는 것으로 보입니다. 따라서 많은 공공 시설에서는 현재 삶의 장소 , 제3의 공간모두를 위한 공간과 같은 이름이 강조되어 있어 집단 활동을 위한 장소를 보호하는 현대 사회의 필요성을 증언합니다 .
Les bibliothèques publiques vont-elles devenir des musées abritant les restes d’une technologie (le livre) tombée en désuétude ? Se transformeront-elles en server rooms auxquelles on accèdera à distance ? 공공 도서관은 기술의 유물을 담고 있는 박물관이 될 것인가? 원격으로 액세스할 서버실로 바뀔 것인가?
Par un renversement de point de vue, Luigi Failla postule un changement de paradigme qui voit le futur de la bibliothèque publique se dessiner non plus seulement selon une évolution liée aux supports de lecture (la question controversée du livre), mais également à son développement en tant qu’espace public et à la manière dont s’y inscrivent les nouveaux rapports à la connaissance. Luigi Failla는 공공도서관의 미래가 독서 자료와 관련된 진화 (책의 논쟁적인 이슈)에 따라 나타날뿐만 아니라,공공 공간으로서의 발전과 지식에 대한 새로운 관계가 새겨지는 방식으로도 나타날 것이라 말한다. 
Le potentiel de la bibliothèque de consolider le lien entre la ville et l’homme contemporain invalide les fondements des années 1990, basés sur une vision hiérarchique de l’espace, au profit d’une conception vicinale. La définition d’un espace non-hiérarchique apparaît alors comme l’emblème de tout projet architectural.  도시와 현대인 사이의 연결 고리를 통합 할 수 있는 도서관의 가능성은 계층적 시각에 근거한 1990 년대의 기초를 무효화하여 인접 개념을 선호한다. 비계급적 공간의 정의는 건축 프로젝트의 상징으로 나타난다.
----------------------------
대부분의 선진국에서는 도서관 건물에 계속 투자하고 있습니다. 디지털의 출현과 독서의 쇠퇴와 대조적으로 나타나는 현상으로, 일상 생활에서 문화 콘텐츠뿐만 아니라 즐기는 사용자가 널리 퍼져 있으며 관객이 널리 퍼져있는 곳이기 때문에 이러한 현상이 자주 발생합니다. 최근 업적은 사실, 라이브러리가 더 이상 역사적으로 정의 된 규칙에 따라 사용되지 않는다는 것을 보여줍니다. 오히려 오늘날의 전통적인 기능은 다양한 목적, 즉 사회적, 문화적 목적에 부응하는 도구가되었습니다. 사실, 공공 도서관의 진화는 더 이상 독서 지원의 진화와 연결되어 있지 않지만, 대도시 구조의 복잡한 체계에서의 역할에 연결되어있다.
공공 도서관의 운명은 무엇이 될 것입니까? 그것은 일종의 박물관이 될 것입니까? 원격으로 액세스 할 수있는 폐쇄 형 서버 룸으로 바뀔까요? 또는 그것은 현대의 대도시에서 공공 공간의 손실에 대응할 수있는 도시 장치로 번역 할 모든 요건을 이미 갖추고 있습니까?
이 책은 전 세계에서 실현 된 여러 도서관의 연구에서 출발하여이 질문에 답하고 건물과 영토 사이의 영구적 인 변증법에 기초한 반영을 제공합니다. 문화 공간과 도시 공간의 관계에 대한 실제적인 부족에 직면 한 Luigi Failla의 저서는 도시 공공 공간으로서의 새로운 도서관의 건축을위한 설계 기준으로 자리 잡고 있습니다.
 

TABLE DES MATIÈRES

Introduction | 7
UN CHANGEMENT DE PARADIGME | 15
Un saut d’échelle, 20 / Une question de design, 22 / Une nouvelle recherche, 25 / Le livre à l’âge d’Internet, 25 / De l’objet technologique à l’objet de design, 30 / Des nouveaux supports, 32 / Parcours hypertextuels, 33
ESPACE PUBLIC ET OBJETS CONNECTÉS | 37
Un nouveau rapport à l’urbain, 40 / Les nouveaux lieux collectifs urbains, 44 / Ville hypertextuelle, 46 / Condition de mobilité permanente, 48 / Les nouveaux acteurs de la ville, 50 / Espace de mobilité, 51 / Identité et lieu public, 55
NOUVEAU PUBLIC OU NOUVELLES PRATIQUES? | 61
Nouveaux besoins, 65 / Public et territoire, 67 / Identité partagée, 68 / Lieu protégé, 69 / Public de proximité, public et mobilité, 70 / Étudier son public, 73 / La classe moyenne, 74 / Les étudiants, 75 / Petite enfance et jeunesse, 77 / Les adolescents, 79 / Les adultes, 80 / Les personnes âgées, 81 / Catégories sociales faibles, 82 / … et la lecture? 84 / Lecture en mobilité, 85
LES ANNÉES 1980-2000 ET LA CONCEPTION FONCTIONNALISTE | 89
Le troisième intérêt, 91 / Le modèle à trois niveaux, 93 / L’organisation des espaces, 96
VERS UN NOUVEAU MODÈLE? | 101
Un modèle user-oriented, 105 / Le modèle à deux niveaux, 107 / Un espace non-hiérarchique, 117 / Lieu de vie, 119 / Un retour au nomadisme: le paradigme urbain, 121 / Le paradigme urbain
et le modèle à niveau unique, 123 / L’organisation spatiale, 127 / L’organisation open space, 128 / L’espace interne vide à toute hauteur, 132 / Autour d’une cour, 135 / La succession linéaire, 135
QUESTIONS DE COMPOSITION | 139
Principe de forme, 142 / Quelles formes du savoir? 143 / Les bibliothèques à bloc compact, 144 / Les bibliothèques par articulation de volumes, 149 / Les bibliothèques à développement horizontal, 152 / Les bibliothèques à organisation linéaire, 155 / Les bibliothèques hypogées, 157 / Quelles références à l’âge d’Internet, 158 / Le traitement des façades, 160 / Élement exceptionnel, 165 / L’entrée du bâtiment, 167 / Évolution et permanence, 169
LA BIBLIOTHÈQUE ET LA VILLE | 173
Le contexte urbain, 177 / La réhabilitation des bâtiments existants, 180 / Bibliothèques et friches industrielles, 181 / Espaces intégrés, 187 / Bibliothèques, troisièmes lieux, 191 / L’esthétique des lieux de frontière, 192 / Lieux collectifs et identité, 196 / Lieux de proximité, 198 / Le projet culturel, 201
Annexes | 207
Glossaire | 209
Bibliographie | 215
Sources iconographiques | 221
Crédits | 223
소개 | (7)
패러다임의 변화 | (15)
규모의 도약, 20 / 디자인 문제, 22 / 새로운 검색, 25 / 인터넷 시대의 책, 25 / 기술 대상에서 디자인 대상까지, 30 / 뉴 미디어 , 32 / 하이퍼 텍스트 경로, 33
공공 공간 CONNECT E의 S | (37)
도시와의 새로운 관계, 새로운 집단 도시 공간, 44 / Hypertextual city, 46 / 영구 이동성 조건, 48 / 도시의 새로운 배우, 50 / 이동성 공간, 51 / 신원 및 공공 장소, (55)
새로운 공공 또는 새로운 관행? (61)
새로운 요구, 65 / 공공 및 지역, 67 / 공유 정체성, 68 / 보호 장소, 69 / 공공 복지, 공공 이동성 (70) /  É 그의 청중, 73 / 중산층을 공부 (74) / 학생 (75) / 소형 청소년 / 청소년, 77 / 청소년, 79 / 성인, 80 / 노인, 81 / 약한 사회 카테고리, 82 / ... 그리고 독서? 84 / 이동 중에 읽기, 85
ANN ES 1,980에서 2,000 사이와 기능주의 개념 | 89
제 3의 관심사, 91 / 3 수준 모형, 93 / 공간의 조직, 96
새로운 MOD 향하여 E LE? (101)
템플릿의  사용자 중심 , 105 / 두 계층 모델, 107 / A 비 계층 공간, 117 / 가정 생활, 119 / 유목에 반환 : 도시 패러다임, 121 / 도시 패러다임 
및 레벨 모델 123 번의 공간 / 조직 (127) / 조직  개방 공간 (128) / 어떤 높이에서 내부 빈 공간 마당 약 132 / 135 / 직선 연속 135
중요한 질문 | 139
형태의 원리, 142 / 어떤 형태의 지식? 143 / 컴팩트 블록 라이브러리, 144 / 볼륨 링크 라이브러리, 149 / 수평 라이브러리, 152 / 선형 조직 라이브러리, 155 / Hypogean 라이브러리, 157 / 인터넷 시대에 대한 언급 158 / 치료 정면 160 /  É LEMENT 뛰어난 165 / 빌딩 입구 (167) /  E의 소용돌이 구적 169
라이브러리 E THAT 도시 | 173
177 / 기존 건물의 복구, 180 / 도서관 및 산업 폐기물, 181 / 통합 공간, 187 / 도서관,  3 위 , 191 / 국경의 미학, 192 / 집단 장소 및 정체성, 196 / 근접 지역, 198 / 문화 프로젝트, 201
부속서 | 207 
용어집 | 209 
서지 | 215 
도도 소스 | 221 
크레딧 | (223)